Notre Paradis Colombien

Après être restés chez nos amis franco / équatoriens de Jamundi, et même si nous aurions aimé rester plus longtemps, il est temps en ce dimanche matin de faire les 50 Km qui nous séparent du Campground « La Bonanza ».

Nous faisons un stop pour remplir le frigo et les soutes, puis arrivons à Piendamo. Petite ville animée avec des voitures et des motos dans tous les sens, mais nous en reparlerons.

Nous montons en altitude, et on commence à ressentir la baisse de température. Pas un froid glacial, mais en tout cas un climat plus frais et sommes toutes agréable. Nous arrivons dans un brouillard si épais que nous ne voyons pas à 30 mètres. C’est habituel par ici, mais pas quotidien non plus.

Kika savait que nous étions à proximité, et elle vient tout de suite à notre rencontre, accompagnées de 3 des 4 chiens qui résident ici, afin de nous guider vers l’entrée.
Il y a 2 entrées, et j’ai évidemment choisi la mauvaise.

Nous sommes tout de suite accueillis par la famille : Kika, la taulière, mais surtout la maman, Anouar, le Papa, et les 3M, les enfants : Meïssa, Mehdi, Maya. On se sent tout de suite bien, même si nous gardons une légère retenue, que je ne sais expliquer.

Nous sommes seulement 2 véhicules. Nous et un couple de canadiens retraités, en voyage depuis près de 2 ans. Dès le lendemain, nous nous rendons compte que nous avons bouchés nos toilettes. Il va falloir trouver une solution, mais ça peut attendre. Nous prenons le temps de discuter avec les voyageurs et d’échanger avec Kika sur le voyage passé et futur. On commence aussi à faire nos premiers pains.

Les journées passent vite à la Bonanza, nous sommes déjà mardi et c’est le jour du marché. Nous partons donc pour Silvia, où nous pourrons croiser de nombreux indigènes venues des montagnes pour acheter et vendre nourritures et autres biens de consommation.

Nous retrouvons d’ailleurs Sonia & Luka, que nous avions rencontré aux colibris, et faisons le tour du marché avec eux. Nous nous rendons ensuite dans un café très sympa ( c’est une ancienne maison typique) pour déguster des empanadas et prendre une leçon sur la culture locale. Nous revenons ensuite au camping et profitons de la bonne connexion pour appeler nos proches.

2 jours passent, où nous rangeons, lavons le linge, et trainons. Je n’arrive pas à déboucher les toilettes. Nous avons donc déménager pour nous rapprocher des toilettes communes. Hyper sympa d’aller à 3h du matin avec Sasha aux toilettes, sous la pluie… !

Pour nous changer les idées, nous partons une journée à Popayan, dans l’espoir de trouver à changer nos housses de banquettes, qui ne sont plus (déjà) au goût de Lucie. Nous trouverons finalement tissu et couturier, et, petit exploit, les 6 housses seront réalisées pour le soir même. Il faut cependant préciser que nous avions convenu de 17h30, puis 18h, puis 19h, pour enfin tout récupérer à 19h30.

Mais l’essentiel était de ne pas avoir à refaire les presque 60 minutes de route juste pour récupérer ces housses. Popayan ne nous a pas marqué, et c’est là le highlight de la journée! Nous visiterons la ville entre les gouttes et verrons aussi un défilé de la police.

Le lendemain, un peu lassé de ce problème de WC, je décide de tout démonter. Puisque ni le bâton en forçant, ni la ventouse, ni la soude n’ont résolu le problème, je vais d’abord démonter le toilette par le haut, pour en purger le maximum d’eau noires (bon appétit !) Si ça ne marche pas, je condamne mes vêtements et démonte tout par le dessous… ! Ou alors je file le sale boulot à Sasha?

Pas besoin d’en arriver là, il s’avère que je n’avais pas trouvé le trou et donc le bouchon. Une fois l’engin démonté, c’était assez simple. Cela me permet de nettoyer à fond et de vérifier les joints. Tout est ok ! C’est une petite victoire pour moi, nous allons enfin pouvoir nous installer ailleurs dans le campement !

Nous avons un pneu en mauvais état que nous remplaçons sur place. Nous avons aussi connus quelques épisodes tendus avec les freins. Nous décidons donc d’aller chez un mécanicien réputé des overlanders qui peut nous prendre le lendemain matin à Cali (à 2h de route!)

Ni une, ni deux, nous remballons le matos et nous voila partis en coup de vent pour 1 ou 2 jours, avant de revenir à la Bonanza. Les enfants pleurent à chaudes larmes de quitter ce lieu et aussi nos amis suisses, Adriano & Vanessa, que nous avions déjà croisé 3 semaines plus tôt. Les enfants les adorent !

60 Km plus tard, nous faisons la stop sur une aire bourrée de camions. C’est juste pour la nuit, nous avons encore 55 Km à) faire le lendemain matin. Pour ne pas prendre de risque et être certains d’être à l’heure nous partirons d’ici aux aurores.

Bip Bip ! Il est 5 heures. Le reveil nous tire de nos rêveries. Juste le temps de s’habiller, de virer les câles du camping car et nous voila sur la route. Nous arrivons assez rapidement aux portes de Cali. Et c’est là que les ennuis commencent . Un trafic de dingue, bien que nous soyons samedi. Des bouchons de malade. Nous mettrons près de 2 heures de plus pour atteindre notre but. Nous arrivons devant un garage du réseau Top Garages (un client en France). Cela me rappèle que j’ai un boulot qui m’attends dans quelques mois.

Nous attendons encore une bonne heure avant d’être pris en charge et de pouvoir donner nos instructions. 2 pneus neufs, contrôle de tout freinage, du châssis et de la transmission. Cela prendra une partie de la journée, donc nous partons pour le Zoo de cali.

Nous y passerons de très bon moments, et auront la chance de voir entre autres un Boa qui se régale d’un canard, un kangourou fuyard ou encore un ours faisant ses ablutions dans une sorte de danse hypnotique, sans oublié la loutre géante.

La loutre géante
Le boa se régale
Boing boing
l’heure du bain

De retour au garage, tout est prêt (après encore 1h30 d’attente…) Nous avons cependant le témoin du système de freinage qui reste allumé, ce qui nous oblige à repasser le lendemain matin. Nous avions anticipé et sommes restés sur Cali pour la nuit.

Nous voila donc reparti le lendemain midi, après avoir à nouveau rempli le frigo (et oui, déjà une semaine s’est écoulée).

Nous retrouvons la Bonanza. La raison initiale de notre temps passé ici n’est pas le problème de toilettes, ou le problème de freins, mais les évènements en Equateur. Sollicitant des aides du FMI, le président équatorien a en contrepartie accepter de libéraliser certains marchés, dont celui des carburants. Il n’a pas fallu longtemps à la population, indigènes inclus, pour manifester et paralyser tout le pays. Impossible donc pour nous d’aller passer la frontière. Quoi de mieux alors que de rester dans ce havre de paix qu’est la Bonanza ?

Entre les jeux avec les autres voyageurs, les discutions et la fabrication du pain avec Anouar, la préparation de l’itinéraire en Equateur et plus loin avec Kika, les activités ne manquent pas et le temps passe à la vitesse de la lumière. Quasiment chaque soir nous avons droit a un thé à la menthe suivi de salé ou de sucré en guise d’apéro, bien entendu suivi d’un jeu !

Nous attaquons la seconde semaine et je vais au marché avec nos amis suisses pour faire les courses. Il nous faut aussi du fil pour accrocher des décorations dans le van, que nous avons depuis déjà longtemps.

Je trouve un petit magasin qui semble ouvert, le rideau métallique n’étant qu’à moitié baissé. Il n’ont pas se que je cherche « merci, ce n’est pas grave…!hasta luego ! »

Et là, en tentant de sortir du magasin tout en saluant la vendeuse, je m’explose littéralement la tête. J’ai des fourmis dans tout le bras gauche, mais je reste debout, un peu sonné. Très vite des gens s’approchent et me demande si je vais bien, car il semble que je saigne beaucoup. Je retrouve Kika, qui m’emmène directement à l’hôpital de la ville, où je recevrai 4 points de suture. Le service a été impeccable et la prise en charge très rapide. Après ces émotions, nous reprenons le cours normal des choses. Le médecin me met quand même sous antibiotiques pour 5 jours. En rentrant, Lucie devait aller faire du shopping sur Piendamo. Mais elle préfère rester avec moi car je suis un peu k.o. (troooop mignon…!)

La vraie raison ? Elle ne s’est pas sentie bien en écoutant mon histoire et en voyant les photos de ma plaie. Ceux qui la connaissent bien ne seront pas surpris !

Le lendemain nous allons finalement à Piendamo, et c’est au tour de Nina de nous faire une frayeur. Elle traverse sans regarder et manque de se faire percuter par une moto sous les yeux de Lucie qui hurle de peur. Il y a eu contact, mais elle a l’air bien et nous dit que tout est ok. Nous remarquons du sang sur son pantalon. Elle a en effet une belle entaille, et nous allons donc pouvoir comparer les services hospitaliers de Silvia et de Piendamo…
Elle a été très courageuse. L’adrénaline redescendant, nous réalisons (et elle aussi) à quel point nous avons eu de la chance. Elle fait depuis très attention et nous tient systématiquement la main avant de traverser. La même que Papa, antibiotiques pour 5 jours et cette fois 3 points de suture.

Nous resterons donc encore une semaine, attendant que les évènements se débloquent en équateur, et en profiterons pour faire retirer les points à Silvia avant de quitter le campground.

C’est de loin le départ le plus difficile pour nous ce jeudi matin. Entre rires et beaucoup de larmes nous quittons des amis, une famille. Nous avons passé des moments incroyables dans ce lieu, et chaque voyageur qui passent en Colombie devrait s’y arrêter. On y oublie encore plus la notion du temps, et on en ressort bien plus riche qu’en y arrivant.

Ce n’est définitivement pas un adieu, mais bien un au revoir que nous adressons à cette famille magique.

Nous n’oublions pas Don Guillermo (en rouge), qui a été là tout au long du séjour, et qui veille sur les lieux.

Nous prenons la longue route du sud vers la frontière équatorienne. En faisant une halte au monument de La Lajas, une église construite à flan de falaise en hommage à la vierge qui y serait apparue. Avant cela nous faisons purger le liquide de frein et contrôler le maître cylindre pour nous ôter tout doute avant d’attaquer les montagnes équatoriennes.

Le passage à la frontière se fera sans problème. On nous tamponne les passeports, puis on nous délivre le titre d’importation temporaire du véhicule pour 90 jours. Nous changeons de carte Sim, et il est temps de se diriger vers notre première étape en Equateur.

A suivre.

5 commentaires sur “Notre Paradis Colombien

  1. Merci pour cet article, c’est super de voir à quel point vous partagez de beaux moments avec les gens rencontrés, ça donne envie…c’est ça l’âme du voyage, le partage et l’entraide.
    J’espère que nos deux accidentés se remettent bien et en effet soyez bien prudents !
    Bisous

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  2. Merci pour cet article, c’est super de voir à quel point vous partagez de beaux moments avec les gens rencontrés, ça donne envie…c’est ça l’âme du voyage, le partage et l’entraide.
    J’espère que nos deux accidentés se remettent bien et en effet soyez bien prudents !
    Bisous

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  3. Vous me donnez une grande envie d’évasion. Profitez bien de cette expérience. Bravo pour le bonheur que vous accordez aux enfants. Attention à la Bolivie avec les récents bouleversements politiques. Bon courage et Bonne aventure.

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